17 mars 1914

 

Le raid Hippique Biarritz-Paris

Cahors, 16 mars. Dépêche particulière du « Matin ». - pendant qu'un grand nombre de concurrents ont décidé de passe la nuit à Caussade, le commandant Peyneau, les lieutenants Pichon, Morand-Montgeil et quelques officiers, parmi lesquels le lieutenant de remonte Hoffert, résolurent de gagner directement Cahors, où ils arrivèrent sous la pluie.

Le premier au contrôle, à 7 heures du soir, fut l'intrépide commandant Peyneau. A 8 heures, arrivèrent les lieutenants Pichon, Morand-Moteil, Bures, et de nombreux autres cavaliers. Jusqu'à 2 heures du matin, les arrivées se succédèrent. Après quelques heures de repos, ils se retrouvèrent en selle dans la matinée, à destination de Souillac. Le commandant Peyneau repartit le premier à 6 heures. On signale l'abandon du lieutenant Jabet, retenu à Caussade par son cheval, devenu boiteux, et la panne des lieutenants Crespiat, Tourtel et Blanchet. Il y a, depuis Biarritz, quatorze déchets, chiffre peu important, étant données les dures fatigues de l'épreuve. Entre midi et 6 heures du soir, les concurrents ont franchi Layrac. Le lieutenant hugla abandonne le raid à Montauban.

Brive, 16 mars. Ce soir, à 8 h.40, le premier cavalier est arrivé à Brive. C'est lieutenant Morand-Monteil, du 142e de ligne, qui a parcouru 200 kilomètres sans arrêt.

 

Fait Divers

Mme Caillaux, femme du ministre des Finances, a tiré, hier, cinq coups de revolvers sur M. Gaston Calmette (photo), directeur du « Figaro », qui a succombé à minuit 45.

La meurtrière a été incarcérée à Saint-Lazare. M.Caillaux a offert sa démission

Les raisons qui la déterminèrent à tirer sur M.Calmette ; la campagne menée contre son mari par le directeur du Figaro et la publicité donnée à une lettre intime, jadis adressé par M.Caillaux à une amie, qui l'a profondément blessés.

En outre, elle a été avertie que M.Calmette s'apprêtait à publier également une correspondance d'un caractère strictement privé, échangée entre son mari et elle.

 

1914-03-17 Gaston Calmette

 

Tempête en ouragan.

La tempête a redoublé de violence hier sur les côtes de France, tandis que l'ouragan, accompagné de pluie, se déchaînait sur le territoire, Paris et la banlieue n'ont pas été épargnés.

A Paris, le vent, soufflant avec rage, arracha cheminées et ardoises, déracina des arbres et jeta bas palissades et clôtures.

En banlieue, dans la région de Versailles la tempête a causé également d'important dégâts. Deux routes sont encombrées dans le bois de Chaville par un énorme chêne déraciné. A Vanves, une partie de la palissade du club français et emportée par le vent. A Neuilly, le marché ambulant, avenue de Neuilly, est presque entièrement découvert, un arbre énorme est arraché boulevard Richard-Wallace, et tombe sur un tramway du Val d'Or. On signale également de nombreuses perturbations dans les lignes téléphoniques de la banlieue ouest. Près de Triel, une péniche, dérivée par le vent, coule à pic.

Sur les côtes : La tempête redouble de violence sur la plage de Dieppe. Des vagues énormes ravagent le bassin, la terrasse du casino. A Fécamp, les terre-neuviers ,amarrés dans le bassin ,se sont heurtés et ont subi de graves dégâts. La station balnéaire de Veulettes est complètement saccagée...